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Disparition de Jacques Lory, ancien membre du comité scientifique du CegeSoma

Le 13 août dernier décédait à Bruxelles l'historien Jacques Lory, professeur émérite à l'UCL et à l'université Saint-Louis. Entré au comité scientifique de notre Centre en 1972, il y participa de manière assidue jusqu'à son effacement en 1999. Avec lui disparaît un pan entier de la mémoire de notre institution ainsi qu'un discret mais oh combien riche contributeur à l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale en Belgique.


Jacques Lory (au milieu), avec notamment à sa droite un de ses grands amis, l’abbé André Tihon, lui aussi professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis, lors du colloque « Belgique, une société en crise, un pays en guerre, 1940 » organisé par le futur CegeSoma en octobre 1990. (photo CegeSoma).
Jacques Lory (au milieu), avec notamment à sa droite un de ses grands amis, l'abbé André Tihon, lui aussi professeur aux Facultés universitaires Saint-Louis, lors du colloque « Belgique, une société en crise, un pays en guerre, 1940 » organisé par le futur CegeSoma en octobre 1990. (photo CegeSoma).
Une rapide ascension académique


Né le 1er janvier 1934 à Dour, dans le Borinage, Jacques Lory achève son mémoire de licence en histoire contemporaine à l'UCL en 1961. Aspirant au FNRS de 1962 à 1965, il entre comme assistant chargé d'enseignement aux Facultés universitaires Saint-Louis dès 1965. Très vite et jusqu'en 1999, il y occupera une place centrale dans la formation historique de pratiquement tous les étudiants. En outre, à partir de 1971, année de la défense de sa thèse de doctorat consacrée aux libéraux et à la réforme de l'enseignement primaire en Belgique de la loi de 1842 à celle de 1879, il devient aussi chargé de cours, puis professeur à temps partiel à l'UCL. Il y restera en poste jusqu'en 1998.


La recherche via l'enseignement


Si l'enseignement dans ces deux établissements universitaires occupe une place majeure dans la carrière du professeur Lory, ce dernier ne dédaigne pas pour autant la recherche. Il publie quelques études sur l'histoire politique belge et la question romaine dans la seconde moitié du 19e siècle et surtout encadre d'innombrables recherches menées pour l'essentiel par les centaines d'historiens en herbe qu'il aide à former à Saint-Louis et à Louvain-la-Neuve.


La vie quotidienne sous l'occupation


Les recherches qu'il soutient concernent l'histoire de la presse et plus encore celle de l'éducation et de la Seconde Guerre mondiale. Ce dernier thème lui est cher depuis sa nomination comme membre du Comité scientifique de notre institution en 1972. Assidu pendant une petite trentaine d'années aux réunions du Comité et aux activités du Centre, il fait multiplier les recherches dans ce domaine par ses étudiants, en particulier dans le cadre des séminaires d'histoire contemporaine qu'il dirige à l'UCL à partir de 1983. Ainsi, les remarquables enquêtes orales qu'il fait mener entre 1983 et 1998 sur la vie quotidienne pendant la guerre dans le Brabant wallon surtout, mais aussi dans le Namurois et le Hainaut, constituent une source unique par son ampleur sur la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en Wallonie. Preuve de son attachement à notre institution, le professeur Lory a légué ces quelque 190 travaux et 1.200 enregistrements sonores au CegeSoma. Tous ces documents écrits et sonores sont désormais accessibles dans notre salle de lecture.


La résistance, aussi


L'apport de Jacques Lory à l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale ne s'arrête pas là. En effet, aux séminaires s'ajoutent les exercices sur ce thème régulièrement pratiqués en candidature et surtout les dizaines de mémoires de licence et l'une ou l'autre thèse de doctorat élaborés sous sa direction. Conservés pour la plupart au CegeSoma, ces travaux de fin d'étude portent, pour l'essentiel, sur la vie quotidienne et la résistance sous l'occupation.


Fabrice Maerten

30.8.2018



 

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