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L’ enquête sur l’assassinat de Julien Lahaut et le financement de la seconde phase

Communiqué de presse du Cegesoma

Le 21 février 2013, le Secrétaire d'Etat à la Politique scientifique fédérale, Philippe Courard, annonçait le financement de la deuxième phase de l'enquête scientifique sur l'assassinat de Julien Lahaut. Le député Lahaut a été assassiné en 1950 et était alors président du Parti communiste de Belgique. Cette recherche a été confiée au Cegesoma (Centre d'Études et de Documentation Guerre et Sociétés contemporaines) à la demande du Sénat.


Le monument Julien Lahaut au cimetière de Seraing. Inauguré sous sa forme définitive en 1956, il comporte une statue de l’homme politique dans sa posture familière de tribun et, derrière lui, un monument plus massif symbolisant le ‘peuple’, que Lahaut paraît protéger. (Photo équipe projet Lahaut, Cegesoma)
Le monument Julien Lahaut au cimetière de Seraing. Inauguré sous sa forme définitive en 1956, il comporte une statue de l'homme politique dans sa posture familière de tribun et, derrière lui, un monument plus massif symbolisant le 'peuple', que Lahaut paraît protéger. (Photo équipe projet Lahaut, Cegesoma)
La première phase de cette enquête avait pu débuter, en mai 2011, grâce au soutien du ministre wallon Jean-Marc Nollet et à des dons privés récoltés par la député européenne Véronique De Keyser. Le Cegesoma a chargé le professeur Emmanuel Gerard de la Ku Leuven de cette étude. Ce dernier est assisté par deux chercheurs expérimentés [Widukind De Ridder et Françoise Muller].

 

En ces temps de crise économique, cette décision a sans doute fait froncer quelques sourcils. Il y a pourtant davantage en jeu avec cette enquête que l'établissement de la vérité historique concernant un assassinat vieux de bientôt soixante-trois ans. L'assassinat de Lahaut est indissociablement lié à la naissance de notre système démocratique actuel. Il met en lumière les forces qui, dans les années 1950, se sont opposées à une pacification démocratique, fondée sur le respect des droits de l'homme et les principes de l'État de droit moderne. L'incapacité de l'enquête judiciaire à identifier les auteurs et/ou les commanditaires de cet assassinat politique soulève des questions sur le fonctionnement de l'État de droit en période de tensions sociétales accrues. Les liens entre des réseaux de renseignements publics et privés, lesquels semblent échapper à toute forme de contrôle démocratique, mettent en évidence la vulnérabilité de la démocratie. De ce point de vue, l'assassinat de Lahaut est, dans ces premières décennies du 21e siècle, d'une actualité brûlante et son importance sociétale ne doit pas être sous-estimée. 

 

En identifiant les auteurs et leur mobile, la première année de recherche a déjà fourni plus de résultats que les vingt-deux ans d'enquête judiciaire menée par le parquet de Liège. Les chercheurs souhaitent aussi faire la lumière sur les motivations des commanditaires et sur les raisons qui ont empêché l'éclaircissement de ce crime. Pour mener à bien ces tâches, il est indispensable que les chercheurs aient accès aux archives confidentielles, en particulier celles des services de renseignements civils et militaires. Des initiatives législatives en ce sens sont actuellement pendantes. Le Cegesoma insiste pour que celles-ci soient traitées rapidement.


4 mars 2013

 

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